Pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité

Mahsa Amini, 22 ans, est morte à l’hôpital le 16 septembre 2022, trois jours après avoir été arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour un “voile mal porté”. Crédit : Center for Human Rights in Iran
Une partie importante de l’histoire iranienne contemporaine s’écrit aujourd’hui sur Twitter et Instagram sous la forme de phrases et d’expressions courtes qui commencent par « pour » (en persan « barayeh », برای)[1].
Les gens écrivent sur leurs regrets et leurs échecs de vivre en Iran sous le régime de la République islamique, en formulant une courte phrase ou une expression après le mot « pour » en persan. Ces regrets ont été profondément ressentis et des millions de personnes ont pleuré en les exprimant. C’est une tristesse collective que désormais les utilisateurs des médias sociaux iraniens confient à l’écriture, mais ils racontent ainsi leur motivation d’entreprendre et de poursuivre ce mouvement révolutionnaire.
Aujourd’hui, avec toutes les restrictions imposées aux médias sociaux et à Internet, ces regrets sont criés. Un véritable cri qui a balayé les rumeurs, les fake news et les activités de propagande, en rejoignant le monde entier. Maintenant, le choix vous appartient : Vous pouvez ignorer cette voix, ou l’amplifier.
L’Iran attend la naissance de son enfant. Un enfant dont le nom est Liberté. Cette naissance tant attendue est déjà le résultat de la perte de nombreuses vies et âmes : la vie de l’économie, la vie de la culture, la vie de la nature, la vie de Mahsa Amini, Navid, Pooya, Neda, Rira, ainsi que toutes les vies tendres arrachées violemment à l’Iran. Si vous devenez la voix de l’Iran, nous pouvons croire ensemble que cet enfant naîtra et que ces jours-ci feront revenir l’Iran à ses origines : celles marquées par l’apparition de la première charte de paix mondiale, la Charte de Cyrus. Cette charte a trois principes, la bonne parole, la bonne pensée et la bonne action, et dit que le monde a un seul chemin, le chemin de la vérité.
Maintenant, je veux tweeter dans les journaux !
« Pour vous qui n’avez pas visité l’Iran par peur. »
NDLR – Un exemple de la prégnance de l’utilisation du format « Pour… » par les internautes iranien·es : le chanteur Shervin Hajipour a réalisé une chanson composée à partir de tweets de protestation, malgré la censure de Twitter par les autorités iraniennes, dans une longue anaphore.
Arrêté par les autorités le 29 septembre 2022, il a été libéré le mardi 4 octobre. Au mercredi 5 octobre à 14h, la seule vidéo originale comptait plus de 600 000 vues sur Youtube.
La chanson « Baraye » de Shervin est disponible à cette adresse avec une traduction en anglais des paroles.
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[1] L’auteur de ce texte a préféré rester anonyme.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
hermes (6 octobre 2022). Pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité. Revue Hermès - Cognition - Communication - Politique. Consulté le 17 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/piiz


